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Le « Théâtre
des Opérations » a été adapté
par Roland Auzet d’après les fameux carnets de Maurice
Dantec, sous la forme d’une exploitation de la manipulation
des corps, des systèmes et des esprits dénoncée
par l’auteur.
Maurice Dantec est en effet un des rares auteurs de roman noir à
avoir su à la fois écrire des romans internationalement
salués (Les racines du mal, La Sirène
rouge, Babylone Babies), et défrayer la chronique
littéraire, intellectuelle et politique par la publication
de ses carnets (Le Théâtre des Opérations).
Plus qu’une tribune à l’auteur, Roland Auzet
tente de révéler le cheminement d’une pensée
polémique, un rien sulfureuse, capable d’allumer dans
un paysage convenu « des lueurs poétiques et politiques
fulgurantes accusant le reflet d’une société
instable politiquement et socialement ».
Le Théâtre des opérations
n’est pas un journal intime.
Point d’états d’âme dans ce texte foisonnant,
mais une dissection et une tentative de dépassement du nihilisme
contemporain que diagnostique Dantec. En guettant le surgissement
d’un nouveau stade de l’humanité, Dantec cherche
à jeter les bases d’une nouvelle métaphysique,
estimant que les bouleversements scientifiques récents provoquent
des basculements de paradigmes. Il questionne la démocratie,
l’égalitarisme, l’humanisme, toutes notions nées
des Lumières et mortes en 1918, pourvoyeuses, selon lui,
des dialectiques mortifères que nous continuons aujourd’hui
à subir et qu’il juge à jamais dépassées.
Il fait preuve du minimum que l’on puisse exiger d’un
homme qui s’adonne au libre exercice de la pensée :
l’honnêteté intellectuelle. |
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Jean-Quentin Châtelain
est la voix du narrateur, ni tout à fait Dantec ni tout à
fait un autre, et conte cette solitude ravageuse d’un esprit
qui combat et débat avec son imaginaire, ses questionnements
et sa lucidité.
L’Ensemble XXI, installé à Dijon, est
le contrepoint musical majeur de cette création et l’incarnation
collective d’un corps social partenaire de cet affrontement. |
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