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Le Synopsis
« Panama Al Brown » , composition originale de Roland
Auzet, est une oeuvre de théâtre musical construite
autour du récit d’Eduardo Arroyo, qui raconte l’histoire
extraordinaire et la chute du premier boxeur hispano-américain,
Champion du Monde de sa catégorie.
Alfonso Teofilo Brown, dit Panama Al Brown, fuit le Panama et la
misère de son enfance pour devenir un boxeur de génie,
à la fois en Amérique et en France où il partagera
sa vie.
A la fin du siècle dernier, son père, esclave libéré
du Tennessee, rejoint Panama pour travailler au Canal de Lesseps.
C'est dans la ville voisine de Colon, entre l'avenida Central et
la 6e Rue, que naît Alfonso. Il rêve sans doute de gloire
dans cette maison de tôle et de lattes de bois... Alfonso
a treize ans quand son père meurt, épuisé par
ses travaux, la misère et la survie. Comme tous les gamins
de là-bas, Al traîne dans la rue nuit et jour, à
boxer son ombre. Dès l’âge de 20 ans, il fait
ses débuts sur le ring pour des combats professionnels, et
prend rapidement goût à la victoire. Ses coups sont
durs, précis : il met K.O Young Kid Pecky, Jeff Clark, Pablo
Pabillo et quelques champions… en 1922, il est champion poids
mouche du Panama. Parti à New York à la rencontre
de son destin, passager clandestin puis laveur d’assiettes,
il finit par se remettre au combat, écrasant Willie La Morte,
George Mac Nally... C’est le début de la gloire. Panama
Al Brown rencontre bientôt Marcel Cerdan, tous les grands,
et il court les victoires.
Il devient champion du monde en 1938, mais, rattrapé par
ses démons et une vie dissolue, il meurt à New York
en 1951, oublié de tous, dans la misère des quartiers
de Harlem, la même misère qui l’a vu naître.
De l’œuvre littéraire
au théâtre musical : adaptation d’un récit
dramatique mis en scène et en musique
L’œuvre commence là où finit la
vie de Panama Al Brown : dans un cabaret tenu par une prostituée
du nom de Loulou, caisse de résonance de sa propre décadence.
Cet endroit improbable, lieu de nuit et de débauche, devient
le sanctuaire d’où il relate ses derniers moments de
gloire sous les feux des projecteurs, et la longue chute qui s’ensuivit.
Loulou s’immisce petit à petit dans son récit
et participe d’un échange opératique où
la question du corps se pose à travers la chose sensuelle.
Entre ces deux « travailleurs physiques », le dialogue
dévoile leurs similitudes : prostituées et boxeurs
sont soumis à la même règle de l’instant
et du corps, pour éprouver et s’éprouver soi-même…La
présence du corps dans la souffrance humaine semble fondamentale,
que ce soit dans le combat ou dans l’amour.
Cet échange, loin d’être uniquement verbal, est
enrichi par le regard des musiciens et la force de la musique. Dans
ce lieu de musique, hors du temps, la présence du quatuor
permet une narration dramatique combinée et rythmée
par des moments de texte et de musique.
Enfin, la vidéo projetée sur les structures métalliques
du décor contribue à donner une vie organique à
l’espace, les matières devenant vivantes par l’utilisation
de la lumière et des images. A la fois organique et onirique,
surréaliste, elle met en abyme le sujet des corps, des chairs,
de la matière.
Le temps de l’œuvre qu’est la nuit appelle une
scénographie sobre et permet une démultiplication
kaléidoscopique de l’espace. En effet, la lumière,
précise, vient ciseler le temps et les âmes avec beaucoup
d’intensité et de variations. L’atmosphère
créée est violente, charnelle, incisive : le spectateur
est ainsi tantôt au plus près de la souffrance, tantôt
mis à distance.
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