Saison 2010 | 2011
La Nuit les Brutes
Mille Orphelins
Deux hommes jonglaient dans leur tête
 
Projet 2011-2012 
Ouvriers
 
Répertoire 
Cathédrale de Misère | 2010
Panama Al Brown | 2010
Katarakt | 2009
Lecture d’un monde de la musique
| 2008
Théâtre des opérations
| 2007
Ecoutez la chanson bien douce…
n° 2 | 2007
Oscar, Pièce de cirque
(Schlag! Opus 2) | 2005
Schlag ! | 2003
 
La Compagnie ActOpus 
Partenaires 
La Nuit les Brutes
photo © Lucie Guillard Présentation   Distribution   Presse   Tournée
  Armelle Héliot
 | Le Figaro | 14 octobre 2010
 

Les mots en musique

Il fut un temps où théâtre et musique s'alliaient en spectacles originaux, étranges objets de délectation. Souvent amusants, parfois mystérieux. On pense au grand «?théâtre musical?» des années 70, fertile et heureux. On pense à ce genre un peu délaissé en découvrant La nuit les brutes, texte de Fabrice Melquiot écrit pour deux comédiennes rares, Anne Alvaro et Clotilde Mollet, que Roland Auzet, compositeur prolixe, a souhaité réunir et confronter au chant d'un artiste venu du baroque, Jean-Claude Sarragosse. Cela donne une pièce brève, elliptique, énigmatique. Dans un espace sombre, une haute boîte de verre aux parois opaques est posée sur un sol noir, recouvert de quelques centimètres d'eau. Deux femmes, une grande brune en jupe plissée, une blonde en robe grège, Ethel et Maria, déambulent, parlent, voix particulières, relayées par des micros. La lumière transperce parfois le cube dévoilant un homme à l'abandon, tassé dans un coin. Il chante les galaxies, le soleil parfois, la douleur d'une âpre punition. L'accordéon de Pascal Contet glisse ses notes douloureuses tandis que le prisonnier livre son désarroi. Histoire dérangeante et violente qui se dénoue dans la lentre vengeance des héroïnes. C'est beau, réglé avec finesse, sans raideur. Le rapprochement des natures sauvages des interprètes justifie à lui seul ce projet qui se donne aux Célestins, à Lyon, dans la petite salle. Dans le grand théâtre à l'italienne, mots et musique se répondent sur le ton de la confidence. Jean-Louis Trintignant dit les poèmes de ces âmes rétives que furent Jacques Prévert, Boris Vian, Robert Desnos. Il les a choisis. Il les sait par cœur et en distille les sucs avec une science si profonde de la musique, des soupirs, des silences qu'il est tel un instrumentiste, au côté de deux garçons magnifiques, Grégoire Korniluk au violoncelle. Daniel Mille, auteur de la partition délicate, à l'accordéon. C'est doux et tendre, sans mièvrerie aucune. C'est cruel souvent et vénéneux comme l'amour, la guerre, les disparitions. Les passages d'un poète à l'autre se font par associations et ruptures. Poèmes connus et chers, œuvres rares. Un concert d'une perfection si grande qu'à la fin le public est debout, saluant longuement.

 

 
  Arnaud Merlin
 | France Musique | 18 octobre 2010
 | Les lundis de la contemporaine
 
 

Ces jours-ci à Lyon, aux Célestins, dans la petite salle, se donne un spectacle sur l’intime : l’intimité de deux femmes qui se débattent avec la violence, deux femmes qui ont subi la violence d’un homme, jamais désigné en tant que personne, un homme qui apparaît tel un animal dans sa cage, au milieu du plateau, et qui disparaît régulièrement par un simple jeu de lumières sur cette cage en verre qui semble flotter sur un bassin. Les comédiennes, Anne Alvaro et Clotilde Mollet, ont les pieds dans l’eau, une eau qui vient parfois éclabousser l’accordéoniste, Pascal Contet, dont la présence au bord du décor, côté jardin, contrepointe celle de la Brute, dans sa cage, personnage réduit à son sexe et à sa voix, et c’est le chanteur Jean-Claude Sarragosse qui assume ce rôle terrible…
On aura compris que la musique est ici bien davantage qu’une illustration ou un habillage, la musique est au cœur du dispositif, elle constitue le noyau de ce texte que l’auteur, Fabrice Melquiot, désigne comme "opéra-fiction", dans une collaboration étroite avec le musicien Roland Auzet, lui-même scénographe et metteur en scène du spectacle. Sa partition, mise en espace par l’électronique d’Olivier Pasquet, se joue des références, dans un mode allusif, lointain, de Puccini à Schumann. Elle s’appuie sur l’instrument à la palette multiple de Pascal Contet, qui explore tous les registres de l’accordéon, du plus abstrait au plus identifiable, avec la valse ; elle prend corps dans la voix des comédiennes, Anne Alvaro qui chante une bouleversante litanie de remerciements, Clotilde Mollet qui raconte le personnage de Bogdan dans une réverbération sauvage, aussi sauvage que les échanges violents que recherchent les deux personnages féminins…
Avec ce spectacle "La Nuit les brutes", qui sera repris ensuite dans d’autres villes, après cette création lyonnaise, Roland Auzet inventerait-il une nouvelle forme de théâtre musical, où la musique d’aujourd’hui ne serait plus le faire-valoir d’un autre art, préféré parce que plus imagé ? Auzet trouverait-il le chemin d’une nouvelle forme de création scénique où la musique n’aurait plus à s’excuser d’être de son temps, sans recourir aux clichés du fonctionnel ? C’est un sacré pari, gonflé... et réussi.

 

 
  Annie Chénieux
 
| Le journal du Dimanche | 13 octobre 2010
 
 

Fabrice Melquiot et Roland Auzet font se rencontrer musique et théâtre pour le plus grand bonheur des interprètes.

A l’origine de cette création, disons-le d’emblée, exceptionnelle, il y a la rencontre entre un auteur et un metteur en scène musicien de formation, artiste associé à l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône. La parole est donnée aux femmes, à la violence subie ou consentie. Deux femmes -sœurs, amies, prostituées?- retiennent prisonnier un homme, qui vaut pour tous les autres. "Lui, il, celui qui"… qui, quoi? Celui qui fait violence aux femmes, toutes les femmes, les filles… Le bourreau est devenu victime, encagé, affamé, meurtri. Tout est clair et reste mystérieux : l’homme retenu enfermé est-il un père incestueux, un mari méchant, un client violent?

Ce dernier texte de Melquiot rompt avec les précédents et notamment son personnage de Bouli (que l’on peut voir actuellement au Théâtre de la Ville). L’écriture a sa propre musicalité sur laquelle Roland Auzet plaque une composition originale en parfaite osmose et splendidement assurée par les trois interprètes. Anne Alvaro surprend encore, s‘il est possible, par l’extrême précision de son jeu, la justesse de sa voix parlée et chantée, et Clotilde Mollet, son alter ego en douleur, lui renvoie la note avec la même qualité. Le chanteur Jean-Claude Saragosse assure brillamment la difficile partition masculine. Ce travail exceptionnel à plus d’un titre l’est avant tout par sa cohésion et son exigence. C’est très fort.

 
   
 
    contact@act-opus.com
  ACT OPUS | Cie Roland Auzet | 55 avenue d'Italie 75013 Paris Tél | 01 48 57 48 13
  | weBDesign nathalieH.com | site mis à jour le 1er avril 2011